Le Progrès – 28 août 2018

« On ne peut pas transformer une ville si on change de maire tous les six ans »

Didier Degraeuwe préside l’association Mon Parti, Saint-Étienne ! lancée le 24 juin. Il veut encourager le maire LR, Gaël Perdriau, à poursuivre son action au-delà de 2020.

Vingt-cinq ans après votre engagement au Parti radical et auprès de Michel Thiollière, quelle mouche vous a piqué pour revenir en politique ?

« Rassure-vous, je n’ai aucune ambition politique. Ma seule motivation, c’est Saint-Étienne. Je pense que la direction qu’a choisie Gaël Perdriau pour redonner de l’éclat à cette ville est la bonne. J’ai donc pris l’initiative d’aller voir le maire pour lui expliquer mon intention de créer avec d’autres l’association Mon Parti, Saint-Étienne !. »

Depuis des décennies Saint-Étienne change, évolue. Qu’attendez-vous du maire sortant ?

« Je suis arrivé à Saint-Étienne en 1982. J’ai vu des pans entier de l’industrie chuter, tout comme la population. Je pense qu’il n’y a pas une seule ville en France qui a souffert autant que Saint-Étienne. Mais ici il y a une résilience. Je sais que la ville a changé. Je veux rendre hommage à François Dubanchet et aux maires successifs qui ont su inverser le destin de cette ville. Mais il faut passer à l’étape suivante avec force. Je pense que l’on ne peut pas transformer  véritablement une ville si l’on change de maire tous les six ans. »

En fait, vous avez formé un comité de soutien à Gaël Perdriau pour qu’il soit candidat à un second mandat ?

« D’abord, il lui reste presque deux ans de mandat. Il a encore du boulot à faire. Il y a des besoins qui ne sont pas encore satisfaits. Après, c’est vrai que nous approuvons l’action qu’il mène. Nous l’encouragerons à la poursuivre au-delà du mandat actuel parce que Gaël Perdriau à une vision pour la ville. Mais la décision lui appartient. »

Votre association est-elle un feu de paille qui va s’étendre ou va-t-elle être active ?

« Vu les bases sur lesquelles elle a été lancée, le 24 juin, Mon Parti, Saint-Étienne ! ne restera pas sans lendemain. L’association va évoluer et va se mettre au travail sur différentes thématiques. »

Quel est le Saint-Étienne dont vous rêvez ?

« Je rêve d’un Saint-Étienne qui retrouve de la population. En quarante ans, nous avons perdu 50 000 habitants. Heureusement, l’hémorragie est stoppée. J’attends aussi un choc esthétique pour cette ville.

Il faut créer une ambiance tout en conservant nos valeurs de générosité et de solidarité. Je souhaite que cette ville soit véritablement incarnée par le design et le développement durable. Et le marqueur va être l’hyper centre. Là aussi, il faut un choc pour amplifier sa transformation et la réhabilitation entreprise. »

Pensez-vous comme Laurent Wauquiez, qu’il y a des « quartiers perdus de la République » à Saint-Étienne ?

« Je ne trouve pas de « quartiers perdus de la République » à Saint-Étienne. Je trouve de l’incivilité et des comportements intolérables en ville. »

Didier Degraeuwe, Président de Mon Parti, Saint-Étienne !
Propos recueillis par Dominique Goubatian
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